mardi 14 février 2017

Les effeuillages du soir • 16

[EDIT concours]Vous pouvez voter pour mon texte jusqu'au 19 février 2017 : clic clic ! Merci petit lecteur :-*

Il pleut. Des petits plocs qui s'intensifient. Indéniablement.
Qui s'écrasent sur nos têtes.
Tu me dis "Viens !".
Tu me serres contre ton épaule. Tu me diffuses ta chaleur.
On court.

D'un pas, tu te jettes sous le porche.
Ta main presse la mienne.
Nous rions un peu.
Je tremblote. Je frissonne.
Excitation.
L'ascenseur monte. Sous mon pull mouillé mes seins s'érigent.
Ils savent.
Deux petites pointes vers toi. Deux pépites qui t'appellent.
Tu les attrapes entre tes doigts. Tu les presses doucement.
Tu les veux.
Je fonds. J'abdique.
Je me mords la lèvre.
Tu fronces les sourcils et tu t'approches. Tu glisses à moi jusqu'à ce que je sente l'émotion de ton ventre. Tu lèches la pluie sur mes lèvres. Tu les mords à ton tour.
Chut ! dis-tu à mon gémissement.
Chut !
Ma main prend ta fesse. Ma main prend ta queue. La malaxe. La réchauffe. Je te provoque.
La porte claque.

Sous la douche chaude, à peine déshabillés, à peine habillés. Les chaussures et pantalons jetés, la culotte mouillée. Trois fois ! alors. Tu soulèves ma cuisse. Tes doigts écartent le tissu. Voyageurs, ils me pianotent avec délice. Avec tendresse, ils s'immiscent. Tes mains remontent, ôtant ma chemise au passage pendant que la tienne valse au loin. Nous voilà, la peau rougie par le chaud-froid. Fondus l'un contre l'autre
Tu prends ma tête entre tes mains, je suce ton pouce que tu glisses dans ma bouche.
J'attrape ton chibre tendu et y frotte ma chatte, doucement. Tes lèvres s'entrouvrent. Intenses soupirs.

Ma culotte tombe. L'eau ruisselle. Onde caressante. Griffes douces.
Tandis que l'on danse sur des bruits de succions.

Et puis, soudain, tu t'endiables. Tu t'agites. Tu rugis. Tu bascules maître.
Ou bien esclave de l'envie.
Enfin tu me plaques d'un coup rageur au mur. 
Armé tu es. Je crie. Le désir gronde. Je mange ton sexe. Encore ! Encore !
Dans un dernier tremblement, tu me pointes profondément. Et tout à coup, je suis toi.

Désarmés.
Apaisés.

Dehors, la pluie a cessé.

Texte écrit à l'occasion du concours d'Idée du Désir : Faites crier de plaisir votre plume !

Pour lire les précédents billets : Les effeuillages du soir sur In Virgo

dimanche 20 novembre 2016

Sex

Sucks
Pour lire les précédents billets : Les effeuillages du soir sur In Virgo

jeudi 27 octobre 2016

Le regard

Il me faudrait votre regard
Un poil sournois et l'oeil hagard
Ou votre doigt, sonde phallique
Pour que mon sein, alors, abdique
Pointe rondelette, sous votre langue
Cerise rose ! et moi je tangue…



Pour lire les précédents billets : Les jours roses

samedi 15 octobre 2016

Certitude et déchirure

Voici un texte que j'ai retrouvé dans mes archives.
Il a 10 ans (un peu plus).
J'y dévoile une part de moi, et je trouve qu'il mérite sa place ici. Aujourd'hui, je le livre sans aucune retouche même si je trouve que certaines parties pourraient être revues.
C'était ainsi que je l'avais conçue. C'est ainsi qu'il est.

La certitude

Avec une lenteur effiloché —peut-être ni croyais-je déjà plus ?—, j’acceptais le sort qu’il m’offrait. L’attente d’un petit moment de bonheur. La douceur de sa voix. Les mois filaient sans qu’on s’y attarde plus qu’il ne faut. Éternelle attente.
Janvier s’était déroulé comme un hiver édifiant : il était libre. Ou presque. Il était grand temps pour moi d’enfin faire face à la vie. À mes envies. Je jubile. Et pourtant, et pourtant rien n’y fait. Je reste comme étranglée quant il s’agit de me lancer dans cette grande aventure. Je vis de moments étranges, où se mêlent mon attente, mon désespoir, ma fureur, d’être incapable de prononcer ces mots.
Pendant plusieurs semaines, j’envisage toutes les situations… plus j’y pense et plus je suis malade. Je finis chaque jour, le cœur au bord des lèvres. Comme si ce secret inébranlable, je l’avais avalé de travers. Ce grand mal. Ma virginité. Celle-là même qui m’empêche de vivre un amour pleinement. Impossible de ne pas penser que les autres, hommes et femmes, n’imaginent même pas pensable qu’il soit encore envisageable à mon âge de ne pas être aller au bout des choses. Cette évidence.
Je lutte contre vents et marées. S’il faut donc y passer, allons-y. Ce ne fut qu’angoisse continuelle. Le moment idéal n’existe pas.
Pendant que je m’acharne sur ma vérité… Il m’échappe. Le temps, voilà ce qu’il manque.

Nous nous croisons. Cœurs fléchis tous deux par nos propres histoires. On se voit. Mais sans se reconnaître. Nous semblons comme attachés à nos aléas sans pouvoir isoler un peu de nous. En se confiant un peu mais sans se comprendre réellement.

Les vacances nous séparent irrémédiablement en Juin, puis en Juillet. On se voit en pointillé. Je rêve encore du moment où j’aurais la force de lui faire part de mes angoisses. J’ai bien trop attendu, je sais. Mieux vaut tard que jamais, me dis-je, ou jamais? Je n’ai qu’une semaine pour me dévoiler.
Août. Où mon cœur dévasté dans un seul souffle.

Cette semaine si courte, soudain alourdie par ses mots.
Sa copine.
Ma tortueuse journée. Vendredi.
Éventrée que j’étais par cette vérité.
Ne l’avais-je pas mérité?
Dépitée.
Mon attente désespérée, voilà où elle me mène.
Je me mue dans mon masque imperturbable, pendant que mon cœur se déchire. Ça ne peut être vrai.
Tout est flou d’un coup. Je n’écoute plus mais je souris vaguement comme si je comprenais les paroles indistinctes qui s’immiscent entre ses mots qui résonnent. Improbable.

Je suis écartelée. Je suis dans un autre monde. Lentement je sens l’affliction me plonger dans un état nébuleux. On est amis, simplement amis. Bientôt une larme perle au coin d’un œil. Je la retiens. Un poids terrible s’abat sur mes épaules. La musique se fond dans mon appartement. Je souffle, alors que la vérité s’entremêle à mon délire. Quand déferle Square on, je n’y tiens plus. Je tremble de désespoir et cette larme coule, début de sa traversée impitoyable jusqu’au creux de mon épaule. Ma douleur lancinante. Lentement elle me terre et m’avachit dans ma faiblesse indiscutable. Et comme elle est arrivée, ma tristesse se voile. J’ai la nausée. Il me semble plus raisonnable de glisser dans la nuit afin de calmer mon étroit évincement. Je me couche le ventre creux, le cœur épuisé. Ce monde vide de sens. La nuit est un trou noir dans lequel je tombe sans pouvoir trouver le sommeil. Je suis dans l’incompréhension. Je me sens engloutie dans ce monde intransigeant. Je vois s’égrener les heures et samedi pointer sans qu’aucun repos m’ait apaisée. Je ne sais que penser. Je ne sais où je vais. Des pensées destructrices volent dans mes interrogations. Il y a urgence. Je sens que j’ai besoin d’aide pour surmonter cet obstacle. Un ami se trouve alors remplis de mon histoire, étonné d’avoir été choisi pour être le confident de la grande révélation de ma vie. Je suis presque désolée d’avoir à le lui faire porter. N’a-t-il pas assez à porter avec ses propres malheurs?
Ce tellement long week-end.
Lundi. Par la force des choses, je suis amenée à lui parler sur le web… Je mets un certain temps à trouver les mots qui expliquent que je vais assez mal. Un mail qui enfin contient mon secret, ma souffrance… Patience. Voilà donc une chose de faîte. Le sort en est jeté. Encore des larmes, mes dernières gouttes d’espoir qui s’en vont brillantes et frêles. Mon bateau qui tangue entre deux rives… Réapprendre à ramer semble être la seule issue pour rejoindre la vie. Je me sens vidée. Pas tellement effondrée. Juste vide de sentiments, vide de sens. Il est 15h, L’ascenseur fait toujours autant office de boîte sarcophage. Au bout, il y a la lumière. Dehors il fait beau, juste qu’il faut pour le moral. Je descends la rue bruyante malgré l’heure et la saison. Paris, toujours vivante, envers et contre tout. Je suis encore ailleurs, et petit à petit j’arrive à distiller dans mon regard le soleil ambiant. Un bien-être encore étriqué fourmille dans mon esprit soudain repris d’inspiration. Fidèle alliée dans mes désespoirs. Mon âme songeuse remet en marche ses rouages, tout englués qu’ils étaient dans mon attente. J’ai envie d’un pain de terre. Quelque chose de lourd dans mes mains, peut-être le besoin d’extérioriser la lourdeur qui froissait mes épaules, de la tenir, de la modeler, de lui redonner forme, de la porter, de la mettre enfin sur la table. L’envie de créer.

Mardi. Il est 16h. J’ai quitté l’air éclectique de Chatelet par le météor. Dans mon sac, plein d’histoires dans lesquelles me plonger, des histoires qui ne sont pas les miennes. J’ai besoin de me plonger dans d’autre vie, pour éviter de penser saccageusement à la douce nostalgie d’une vie rêvée. Je descends à Bercy, histoire de marcher dans le parc et de profiter de l’air estival. Je respire. Alors voilà, changement de cap. Comment continuer à avancer quand le but fixé s’est soudain avéré inatteignable? L’herbe est verte près du palais omnisports. Elle vient d’être coupée… Ça sent la fraîcheur, et l’envie soudaine de me rouler dans cette étendue, de la caresser, de la foulée pieds nus me prend. Pourtant je ne m’écoute pas. Mon esprit est indubitablement ailleurs.
J’entre par cette petite porte qui couine. Le jardin. Je remarque que les romarins ont fait place à la terre retournée, comme moi. Plus de romarin. Plus d’amour. Pas après pas, je parcours les plants. Il reste encore le thym, me dis-je en sentant un brin attrapé en passant. Un pâle sourire naît sur mon visage. Finalement, je n’ai rien perdue. Ce qui n’est plus, c’est quelque chose qui n’a jamais existé. Je me sens bucolique. Je fais trois pas dans l’herbe, alors ça y est. La douceur de vivre me revient, moins forte qu’avant, certes, mais plus vraie. Un oiseau s’envole et je m’envole aussi.
Libre.
Libérée.

Nous sommes amis.
N’est-ce pas encore plus beau?

Encore dois-je faire appel à tous mes sens pour repeupler l’horizon désertique. L’amour que je lui porte, celui là même qui me rendait si forte, si sûre de toutes les choses, me rend si faible maintenant devant le regard des autres.

Retour

Je regarde en arrière.
Mes souvenirs sont entremêlés de bonheur et d’incompréhension. Je ne suis qu’habitée par le doute, et tout ce que je revois est une remise en question. Pourquoi est-ce que mes rapports aux autres ne sont pas plus simple ? Pourquoi s’y glisse-t-il toujours ce poil de complexité ? Moi qui voulais tant profiter du plaisir de chaque instant, me voilà prise à ramoner chacun de ces instants. Cette vie que je voulais pouvoir façonner de mes mains.

La veille d’un week-end.
Un bien pauvre moment, quand mes yeux se perdent dans cet automne à peine acquis. Celui-là même, qui, comme moi, hésite à choisir entre des journées palpitantes à l’émotion estivale et la plénitude glacée de la langueur hivernale. On y perd nos repères. Que faire quand les week-end sont agacés de leur liberté, sont nourris de vide, étouffés d’espace ? Cet espace auquel on aspire tant quand les journées sont amochées par la routine et qui d’un coup prend un air béant presque trop accessible. Le vertige de la liberté.

Déchirure

Le soleil brillait, bien que le temps soit encore un peu frais, il avait délaissé son écharpe, et mis sa veste. L’air lui adressait ses premiers amas d’oxygène. Un peu trop, Peut être. En arrivant, toujours avec son sourire « jeune cadre dynamique », il adresse quelques bonjours à ses collègues. Un soupire. Voilà.
Il pose sa veste sur un meuble, glisse vers la machine à café, s’octroie un moment de détente, observe les autres, élabore déjà son planning de la journée.
Ses lèvres plonge dans le café, médiocre.
Quelqu’un vient le rejoindre.
Quelqu’un.
On reste impersonnel.
Ce n’est pas qu’une impression. Il y a bien une déchirure entre le monde extérieur à l’entreprise et l’intérieur.
On reste impersonnel.
A quoi ça servirait ?

Pour lire les précédents billets : Les jours roses

mardi 24 mai 2016

Ceci n'est pas du sexe : ceci est du tao - 2

Après une première expérience plutôt réussie, lorsque j'ai aperçu qu'un deuxième volet était proposé, je me suis dit que je ne devais pas louper ça ! 
Je me rendais donc pleine d'espoir pour cet atelier sur l'Energie sexuelle féminine proposé par le Cabinet de Curiosité Féminine qui devait regorger de nouveaux secrets sur la libération de son moi sexuel, me disais-je.

Comme le premier il est présenté comme suit :
L’énergie sexuelle féminine sommeille en chacune de nous et elle est forte et puissante. Comment s’y connecter et la faire circuler dans notre corps?
Dans cet atelier pratique, nous vous proposons d’éveiller vos énergies, dans la bienveillance et l’écoute de soi.
Les approches Taoïstes et la connexion à l’énergie de la Lune amèneront chaque Femme à se retrouver dans son essence féminine. Pour nourrir son corps et retrouver sa vitalité Yin. Et pour trouver le plaisir et la jouissance, de soi à soi, dans la conscience pleine de son corps, afin de vivre une sexualité épanouie.
La différence était de thème : Prendre soin de sa féminité.

En arrivant je reconnais quelques unes des participantes au précédent atelier, je ne suis donc pas complètement dans l'inconnu… Petit couac de début, le lieu accueille un cours de yoga qui s'est un peu éternisé et nous commençons donc avec du retard et je trouve du coup l'organisation un peu cahotique. Nous sommes de plus plus nombreux que la dernière fois (une bonne 20aine) et donc la salle est bien remplie ! L'ambiance est malgré tout sympatique et nous enchaînons dès que tout le monde est en tenue et à pris sa place sur son tapis. Sun Dam, notre  thérapeute en médecine traditionnelle, nous met une petite musique relaxante et c'est parti ! On ne traîne pas ! 
Alexia, la co-fondatrice du CCF, nous fait une rapide présentation de l'association puisque la majorité des demoiselles présentes la connait déjà.

On commence par une longue séance de relaxation et de respiration.
On se reconnecte à notre Yin doucement, on s'étire, on se cambre, on se tend, on remue le bassin, on danse avec les énergies du corps…
Et puis on recommence : doucement, longuement… oui longuement : je m'ennuie ! je m'ennuie !!

Cette séance est beaucoup trop calme pour moi : moi qui m'attendais à me dépenser, à me débarrasser de toute l'énergie négative cumulée au boulot ! hé ben nan ! ce n'est pas le cas aujourd'hui ! zut !! Malheureusement pour moi le sujet c'est le calme, la relaxation, l'osmose.

J'ai essayé de me détendre, d'appliquer le conseil de Sun Dam : sourire, sourire, sourire, pour le ressentir en moi et rien à faire, j'étais en plein calvaire. Au secours :((

La deuxième partie de l'atelier se passe à deux, face à face :
nous devons faire passer notre énergie de l'une à l'autre : ma pauvre partenaire à du en prendre plein de mon énergie négative… Les mains paumes contre paumes, on doit continuer à onduler en rythme et vu ma concentration de ouf je n'arrive à rien. Hahaha. (oui je n'étais pas loin du rire nerveux satanique ^^)

Je suis partie réellement déçue de ne pas avoir retrouvé le même effet de la première fois. Peut-être était-ce moi qui n'était pas disposée pour recevoir le bénéfice de cette séance de Tao. Peut-être était-ce le groupe trop nombreux, la météo orageuse (oui parce qu'en plus je me suis pris la saucée en repartant, à pied — j'avais besoin d'oxygène et de me dépenser), le rythme trop calme (ou trop "prude") par rapport au précédent…

Bref. Non cette fois-ci je n'ai pas accroché ! effet positif, nada !

Dommage !


Pour lire le premier volet : Ceci n'est pas du sexe : ceci est du tao (1)

jeudi 21 avril 2016

Le songe, le vide, l'instinct

L'âme succombe,
Sous la poussière du temps
Mon corps en est la tombe.

Ou j'eusse pu dire, mon cœur froissé.


Pour lire les précédents billets : Les petites poésies de nuit